article
Genki Uemura
The Ontology of Propositions in Husserl's Prolegomena
Volume 6 (2010), Numéro 9, p. 1-16
Résumé: L'ambition de cet article est de reformuler l'ontologie des propositions proposée par Husserl dans ses Prolegomena zur reinen Logik (1900). Dans cet ouvrage, Husserl affirme que les propositions, auxquelles a trait ce qu'il appelle la “logique pure”, sont des propriétés (des “species”) d'actes, mettons d'actes de jugement. En outre, il considère les propriétés comme circonscrivant toutes leurs instantiations possibles. Sur cette base, on comprend mieux en quel sens la réflexion de Husserl sur la nature de la logique dépend de son ontologie des propositions. Dans cet article, les deux points suivants sont discutés dans cette perspective. D'abord, la structure de son argument négatif contre le psychologisme n'est dans son ensemble correctement comprise que si l'on prend en considération l'ontologie husserlienne des propositions. Cela explique pourquoi la conception de la logique comme une science normative a priori ne satisfait pas Husserl lorsqu'il vise à réfuter le psychologisme. Ensuite, sa conception positive des lois logiques serait aussi rendue plus intelligible par cette théorie. Celle-ci fournit tout ce qui est nécessaire pour réfuter le psychologisme sans renoncer pour autant à une conception globalement aristotélicienne de la logique, que Husserl tient pour indispensable mais qu'il serait particulèrement difficile de maintenir dans le cadre de la conception normative a priori.
Abstract: The aim of the present paper is to reformulate the ontology of propositions which Husserl proposes in his Prolegomena zur reinen Logik (1900). In this book Husserl claims that propositions, with which what he calls “pure logic” has to do, are properties (“species”) of acts of, say, judging. Furthermore, he regards properties as circumscribing the range of all their possible instances. Given these ideas, it becomes clear how Husserl's discussion on the nature of logic depends on his ontology of proposition. In the present paper, the following two points are discussed for that claim. First, the whole structure of his negative argument against psychologism can be correctly understood only if Husserl's ontology of proposition is taken into consideration. This explains the reason why Husserl does not content himself with the conception of logic as an a priori normative science to refute psychologism. Second, his positive view on logical laws would also be made more intelligible by that theory. His theory provides what is needed for the refutation of psychologism without abandoning a largely Aristotelian view on logic, which Husserl regards as indispensable, but which would be very difficult to save if one adopts only the a priori normative conception.
Mots-clefs: logic, Husserl.
