article
Matteo Pagan
L'ouverture humaine au monde: Merleau-Ponty et l'anthropologie philosophique allemande
Volume 22 (2026), Numéro 3, p. 1-30
Résumé: Cet article démontre que la pensée de Merleau-Ponty s’est constituée à travers une confrontation indirecte avec l’anthropologie philosophique allemande, notamment par l’intermédiaire des travaux de Buytendijk et de Goldstein. Bien que rarement thématisée de façon explicite, cette réception laisse des traces conceptuelles décisives, depuis La Structure du comportement jusqu’au Visible et l’Invisible. L’examen de ces indices vise à offrir une compréhension renouvelée de la philosophie merleau-pontienne et, en particulier, à clarifier la source d’un de ses catégories fondamentales : « l’ouverture au monde ». Dans la première partie, nous présentons les traits fondamentaux de l’anthropologie philosophique telle qu’elle a été fondée par Scheler, Plessner et Gehlen, en mettant en relief la distinction entre la contrainte environnementale (Umweltgebundenheit) de l’animal et l’ouverture au monde (Weltoffenheit) de l’être humain. Ensuite, dans la deuxième et la troisième partie, nous retraçons l’origine et le développement de la réflexion anthropologique de Merleau-Ponty, en analysant la manière dont celui-ci s’approprie, transforme et parfois critique les catégories issues de l’anthropologie philosophique. Cela nous permet, en conclusion, de mettre en évidence les convergences et les divergences entre Merleau-Ponty et ce courant de pensée et de souligner l’originalité et la fécondité de la perspective merleau-pontienne.
Mots-clefs: anthropology, perception, expression, institution, Goldstein, Merleau-Ponty, Scheler, Plessner, Gehlen, Buytendijk.
